Babil-Babel « Langues de chevet et langues frontales » Vendredi 28 septembre 2018

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Le programme de cette 2éme journée nationale organisée par l’Agence quand les livres relient avec le soutien de La Fondation SNCF a été passionnant.

Dominique Rateau , Présidente de l’Agence quand les livres relient nous présente la journée.

 

Voici quelques points essentiels qui font écho aux objectifs de Mille feuilles et Petit Lu :
– Favoriser une expérience littéraire dés le plus jeune âge
– Agir mais aussi réfléchir
– Proposer des albums en fonction de ce qu’ils font en nous, et non les choisir en fonction du public
– Si ce qui nous anime c’est l’autre, ne pas oublier qu’il faut du temps pour le rencontrer.

Elle précise plusieurs pistes de réflexion pour cette journée, entre autre :
Dans quelle langue un bébé d’aujourd’hui élabore-t-il sa langue, ses langues ? et
dans quels contextes affectifs, publics, culturels, économiques, sociaux ?

L’intervention de Philippe Blanchet : L‘ Éducation plurilingue et les droits linguistiques.  En France, pour comprendre les difficultés  des « élèves Allophone Nouvellement Arrivés » (EANA) , il  expose l’aspect juridique d’après les textes internationaux (ONU 1966), les droits de l’enfant (ONU 1989),  et le droit pénal français (2016).

Pour illustrer une éducation plurilingue, il  donne l’ exemple du Mali et de la Bolivie.
Au mali, tout citoyen a le droit de parler et d’être éduqué dans sa langue maternelle. Il doit pouvoir apprendre en plus de sa langue maternelle au moins 1 langue nationale, 1 ou 2 langues africaines et 1 ou 2 autres langues de communication internationale !!

En Bolivie, si la langue maternelle est apprise en premier, la  2ème langue apprise sera le castillan. Et si c’est le Castillan qui est dispensé comme langue maternelle, ce sera une langue indigène qui sera choisie en 2ème langue!

L’intervention de Joêl Clerget : La voix du natal.
Comment le bébé, avant sa naissance, entre dans la langue, pour faire la différence entre la voix et les bruits, comment nos paroles, notre rythme, nos gestes portent le bébé aux portes du monde.
Chaque langue fait du monde, un monde singulier.

L’exemple de cette maman africaine qui endort son enfant au rythme effréné d’une comptine, à la 3éme reprise de cette comptine, le bébé dort dans ses bras!

L’intervention de Maya GratierLe désir d’appartenance précède-t-il la parole?
Le bébé apprend à utiliser, à manipuler la langue à travers les dialogues, les polyphonies, dans l’exploitation des sons , des sens, des non sens, accompagné bien sûr par l’adulte.

Le bébé connait ainsi sa culture de manière explicite et tacite. Dés 9 mois, le bébé participe à sa culture, il connait ses règles et ses conventions. C’est simple,  il s’intéresse à tout ce qui intéresse ses proches!

Le bébé est polyglotte au début de sa vie, pendant les 8 premiers mois de sa vie  il est réceptif à tous les sons. C’est seulement à la fin de sa première année que le babillage se tisse de sonorités de la langue natale.
Maya Gratier nous  fait entendre le babillage de 3 bébés âgés de 9 mois, nous reconnaissons l’américain , le chinois et le français.
Exception bien sûr pour les bébés bilingues pour qui cette restriction phonique n’existe pas.

Importance aussi du portage, dés 2 mois, le bébé anticipe et se prépare être pris.

Toutes ces expressivités réciproques (vocales, faciales et gestuelles) participent à la transmission d’appartenance!

L’après midi a permis de découvrir de nombreuses expériences de collectage de berceuses, comptine, récits … en langue étrangères partagés avec les enfants et les parents; : Lire, conter, chanter dans toutes les langues.

Nous avons pu également écouter un conte dit en langues des signes : Les 3 petits cochons, passée la surprise du début , nous avons pu comprendre et rire des aventures des petits cochons.

Il y a eu  une très forte cohérence dans les interventions tout au long de cette journée!