« Nantes lit dans la rue » : Les émotions à travers les Albums Jeunesse, 14 et 15 décembre 2018

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Cet « Ateliers de formation » était organisé par « Nantes lit dans la rue » les 14 et 15 décembre 2018, dans le cadre des 50 ans des Bibliothèques de rue.

 

L’intervenante était  Anne-Sophie ZUBER de l’ARPLE ( Association de Recherche et de Pratique sur le Livre pour Enfants)

 

 

 

Pendant 1 journée et demie , Anne Sophie nous a nourri de son impressionnante connaissance des albums avec un dynamisme « hors norme ». Elle est intarissable et fait preuve de beaucoup d’organisation dans la construction du savoir qu’elle souhaite partager avec son expérience de lectrice professionnelle.

Elle analyse et décortique la construction de chaque album présenté :

–  l’image : Sa place, l’organisation de l’image sur une double page, l’alternance des couleurs de fond, le mouvement des personnages, comment l’image peut compléter le texte sans redite, les différents plans de l’image, l’organisation des couleurs utilisées selon les pages avec toujours des exemples à l’appui.

 

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«  Loup » de DOUZOU , Illustration adaptée pour le tout-petit : une seule scène sur une double page.

 

–  le rôle du texte :

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ce qu’il dit ou ne dit pas de l’histoire exemple de « Flonflon et Musette » d’ELZBIETA, son rythme à respecter dans la lecture, l’importance de lire le titre…

 

 

Elle a habilement enchainé les exemples en évoquant les situations et les comportements des enfants qui l’ont marquée:

Certains albums sont très adaptés aux petits « agités » : « La chasse à l’ours »,  « Max et les maxi monstres »… ou aident à différer les pulsions « L’ami du petit tyranausore » d’Anaïs VAUGELADE , d’autres évoquent la différence et invite la tolérance, à l’écoute« Homme de couleurs » de RUMILIER

Elle lisait toujours les albums car pour elle rien ne vaut la lecture à voix haute pour présenter un album, il est inutile de le paraphraser…

– Les albums qui traitent de très fortes émotions comme « Chien bleu » Charlotte est une solitaire très attachante…
« Je suis triste » de Michael IAN BIACK, « Je m’ennuie », « Avec toi maman » Antoinette Portis « Maman colère » chez Autrement. Le lecteur peut donner à l’enfant des mots pour ses maux, Anne-Sophie nous relate la réflexion d’un enfant « maintenant que je peux dire que ça ne va pas, ça va mieux ».

Se préparer à la lecture : De nombreux albums abordent la mort avec des degrés différents « Une chanson pour l’oiseau «  de Margaret Wise Brown, « Sylvestre et le caillou magique » de Steig.  Pour pouvoir lire à haute voix un album qui donne beaucoup d’émotions (par exemple ceux qui abordent la mort), il est très important de se l’approprier en le lisant à voix haute pour soi, puis à quelqu’un en qui on a confiance avant de le lire à un groupe.

Lire à un petit groupe peut permettre à un enfant qui se sentirait « concerné » de partager le « sujet qui le concerne avec ses émotions »

Face aux questions mieux vaut renvoyer sa réponse à l’enfant « Et toi tu penses quoi ? »
Donner à l’enfant la possibilité de faire du lien : il arrive qu’un livre très moyen « comble » un enfant, pour des raisons qui lui sont personnelles, et permette d’introduire d’autres albums.

–  Échanger en comité de lectures et prendre des notes pour mémoriser ses situations…

Ses analyses d’albums qu’elle nous lit nous captivent… Le temps passe trop vite… Nous aurions bien passé le week-end avec elle…

Marie France et Rachel

Salon du livre de Montreuil 3 décembre 2018

Lundi 3 décembre,  Je me suis rendue au salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil avec Betty.

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Le thème était « nos futurs »

« Quand j’annonce le thème « Nos futurs », il y a toujours un petit temps d’hésitation dans les yeux de mon interlocuteur, mais il s’agit bien de mettre un « s » à « Nos Futurs ». C’est la marque d’une pluralité que nous revendiquons, pluralité d’artistes et de regards sur nos futurs, pluralité des genres, pluralité des grands sujets qui interrogent nos futurs, ceux de nos enfants et ceux de notre planète », souligne Sylvie Vassallo. (Directrice du Salon)

Beaucoup d’exposants (grandes et petites maison d’édition) mais aussi des expositions, des conférences ouvertes aux professionnels et public divers, des animations pour les enfants.

Un espace sur 3 niveaux.

Comme dans tous les salons du livre sont présents auteurs, illustrateurs mais aussi directeurs de petites maisons d’édition (Hongfei, Minedition….)

En allant un lundi nous avons eu moins d’enfants et nous avons pu assister à 2 conférences.

La première nous a permis de découvrir Květa Pacovská,
plasticienne tchèque de 90 ans. Elle a présenté son parcours, son travail.

Un dynamisme impressionnant !!!!!

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Elle invite, dans cet album, ses personnages à prendre le thé : le rhinocéros, l’escargot, la lune, l’oiseau-clown et bien d’autres.

Une histoire en forme de comptine, avec une petite pointe d’absurde, et ses couleurs – le rouge toujours -, une invitation à nous retrouver dans un monde empli de poésie et de gaieté, un monde ouvert sur le rêve et l’imaginaire.

 

La seconde conférence Lire avec un tout petit : hier, aujourd’hui, demain… Histoire récente et possibles horizons du partage d’albums avec des tout-petits

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Avec Corinne Dreyfuss, auteure et illustratrice,
Sylviane Giampino, psychologue et psychanalyste, Présidente du Conseil de l’enfance et de l’adolescence, Présidente du Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), Christine Rosso, vice-présidente de Agence quand les livres relient.

Modération : Isabelle Sagnet, directrice de Lis avec moi – La Sauvegarde du Nord, administratrice de l’Agence quand les livres relient.

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Nous passons certainement à côté de pépites vu le nombre d’exposants mais nous découvrons toujours des nouveautés, des publications des autres années.

Pour ma part je ne m’arrête pas à la date de publication mais au texte et à l’ image.

Christine

L’Agence quand les livres relient : « Lire des albums avec les tout-petits et avec des adultes aussi » 29 novembre 2018

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Devant l’écran, l’association « Grands yeux et grandes oreilles » avait recréé un cadre de lecture onirique.

 

Le matin :

  • Ouverture par des membres du ministère de la Culture et Christine ROSSO
  • Intermède avec la Sauvegarde du Nord
  • Jeux et enjeux du livre avec les tout-petits par Olivier DOUZOU
  • Joyeux anniversaires avec les associations qui fêtent leurs 10 ans, 15 ans, 20 ans et 30 ans d’existence.

L’ouverture est faite par une chargée de mission du Ministère de la Culture et un chef du bureau du même ministère. Les livres peuvent être des moments de fêtes et d’éblouissement pour les enfants. Nous défendons tous que les bébés aient accès aux mots et aux images dans ces moments de lecture partagée. René CHAR insiste sur la « transmission », l’échange de l’expérience artistique et littéraire. Madame LESOUS nous donne quelques chiffres. Un premier protocole a été signé en 1989 et le dernier remonte à 2017. Il y a en France 200000 associations culturelles. Le ministère travaille à une nouvelle feuille de route sur le partenariat entre l’État et les associations. Des groupes de travail font des préconisations. Madame PERRON, députée, est en charge des nouveaux textes sur la PMI (Protection Maternelle et Infantile). Il y a une attention toute particulière à l’égard des publics éloignés des bibliothèques.

« Ceux qui ont une forte résonance en nous. »
« Ceux qui réunissent un fond commun, qui nous procurent une certaine intranquillité, qui créent une rupture ».
« Ceux dont on ne se lasse pas de les lire et de les relire ».
Par exemple, « Sur les genoux de maman », « Jamais contents », « Canard », « Jo Jo la vache »,…

Entretien avec Olivier DOUZOU et Katy FEINSTEIN, bibliothécaire

Le livre permet à l’enfant de se construire et de communiquer avec sa famille.

O. DOUZOU est auteur, scénariste, illustrateur, éditeur et directeur du rayon Jeunesse chez Rouergue. Sa formation initiale était architecte.

« Jo jo la vache » a 25 ans (1993) : la vache se décompose. Il est question entre autres de la séparation et du deuil. Il y a une connivence entre l’auteur et les enfants.

« Toujours rien » (1997) est un livre qui parle à tous. On y parle d’attente, de patience. Il y a une troisième narration et une surprise à la fin. C’est un livre à double lecture.

« Boucle d’or ». Ce livre existe parce qu’on dessine en même temps que j’imagine le texte. Le livre s’ouvre à l’espace des bras de l’enfant.

« Fourmi » existe aussi sur tablette numérique. Tout livre d’enfant est sécurisant parce qu’il y a un début et une fin.

« Pipeau » : jeux, surprises, travail sur les mots. L’auteur parle des constructions et des combinaisons.

Dans « Le canard « , l’auteur s’inspire de ses jouets d’enfant. Le rapport à l’échelle est important.

« Tu vas voir » a été demandé par le département de l’Ardèche. C’est un livre sur le futur qui parle des possibles. Il a été fait en coopération avec Frédérique BERTRAND ;

Le val de Marne a demandé « Rouge ». Un caillou cherche sa place dans un monde qu’il ne connait pas. Cela parle de l’appartenance au groupe, à la société.

Il a écrit également avec Vincent GODEAU « Avec quelques briques» et avec J. FISCHER « Animaux »

Lors des anniversaires, les associations fêtées nous ont présenté rapidement leur travail. J’ai retenu l’association « Grands yeux et grandes oreilles » représentées par deux art thérapeutes. Elles font le lien entre le livre et les arts plastiques/ « Les livres passerelles » accueillent des auteurs ou illustrateurs pendant quatre mois. Des associations sont intervenues dans une école maternelle et en prison. D’autres s’appuient sur des œuvres de peinture. A Compiègne, l’association « Combien je t’aime » intervient en maternité et en néonat. Elles ont créé un livre « Bienvenu au monde ». D’autres s’appuient sur le chant.

L’après-midi : « L’attention, la prise de notes et les observations dans le dispositif de lecture individualisée au sein du groupe » avec Coline JOUFLINEAU, doctorante en Esthétique, Arts et sciences de l’Art et formatrice, Corinne Nascimento, éducatrice de Jeunes enfants, lectrice et formatrice et Sylvie Jouflineau, fondatrice, lectrice et formatrice.

Coline JOUFLINEAU a comparé le trio « album-adulte-bébé » à la danse. C’est une chorégraphie régulière et prévisible, un fond qui est le même. Il y a des similitudes dans notre manière de lire et d’être auprès de l’enfant. Dans une danse de couple, les rôles sont codifiés. Dans la lecture, le rôle de l’adulte se rapproche de celui de la femme dans la danse. Elle s’accorde au danseur qui donne l’impulsion. Et l’enfant est dans le rôle de l’homme. C’est lui qui prend l’initiative. Il ne faut pas devancer pour s’accorder au rythme de l’enfant. L’enfant choisit la distance vis à vis de l’adulte. L’adulte ne vérifie pas les connaissances de l’enfant. Il ne cherche pas à savoir s’il a compris. Le lecteur comme le danseur inclut les autres dans l’environnement. Le lecteur se donne à voir dans cette activité de soutenir l’enfant par le regard. On met en avant tranquillement le texte. L’intérêt est que chacun puisse s’en emparer. C’est un moyen de rester à l’écoute, de faire de la place à son imagination. On est dans un processus de faire ensemble. L’expérience artistique, c’est de pouvoir s’attarder sur une page, de savoir s’étonner, de se laisser toucher. Ceci permet l’improvisation. Improviser, c’est faire en temps réel, s’arrêter à tout moment sans en prendre ombrage. Cela respecte l’enfant. Il faut inhiber nos tendances à réagir, à interpréter. Nous observons comment l’enfant rentre dans les albums, à son rythme.

L’attention

C’est une fonction cognitive (concentration) et sociale (plus éthique). Cela relève de la psychologie et de la philosophie. L’attention sous-tend la perception. C’est un processus dynamique. Paul Ricœur parle du « paradoxe de l’attention ». Il dit : « quand je fais attention, mon paysage change d’aspect, sans changer de sens ». Autrement dit, « c’est ce paradoxe qui constitue l’attention — l’attention fait apparaître quelque chose qui en un autre sens était là ». L’attention est une action qui accentue, choisit,… Elle est pluri-sensorielle. Le mouvement fixe souvent l’enfant dans son attention alors qu’être statique peut l’empêcher de porter attention. L’attention reste ouverte et flottante (à soi, à l’enfant et aux autres). L’attention conjointe n’est pas développée par manque de temps.

L’observation

Le premier carnet d’ACCES était consacré à l’observation. Annette WATILLON et Myriam RASSE ont également écrit sur ce sujet. Dans l’observation, le sujet est déterminé. Il y a un cadre. Dans l’observation-projet, l’objectif est de répondre aux questions posées par l’équipe. On se focalise sur quelque chose de précis. Dans les lectures, on ne sait pas ce qu’on veut observer. Il n’y a pas d’objet prédéterminé. L’observateur est partie prenante de la situation.

La prise de notes peut réduire la disponibilité à l’enfant. Néanmoins, elle est indispensable le plus vite possible après la séance de lecture. Elle consiste à noter les prénoms et les albums lus. Décrire les situations avec des formulations positives. Les notes sont retravaillées pour être partagées. Les intérêts sont individuels, relationnels, professionnels et scientifiques. Un regard croisé débouche sur une réflexion collective. Cela permet de faire émerger des hypothèses. L’observatoire existe depuis 18 ans. C’est un lieu de rencontres et d’échanges. Après la lecture des observations, on dégage ce qui se joue pour l’enfant. La psychologue relie les observations à des théories générales. JL NANCY dit « Regarder, c’est garder deux fois ».

Intervention de Myriam RASSE

Dans l’individualisation de la lecture, l’adulte se met en retrait ce qui va à l’encontre de certaines pratiques éducatives. Si l’enfant est respecté, il s’ouvrira aux autres. Le cadre contenant, très défini lui permet d’être acteur. La lecture proposée est un « soin développemental ». Il y a un aller-retour entre la théorie et la pratique. Le processus du récit aide la prise de notes mais il faut un entrainement. La DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) a soutenu l’observatoire du Nord. Ce travail sur l’observation peut entrainer un changement de pratique. Il se passe toujours quelque chose. Nous changeons notre regard. On ne vient pas que pour lire.

Le 19/01/2019, il y aura la troisième édition de « la nuit de la lecture », l’équivalent de « partir en livre » durant l’hiver.

Salon du livre jeunesse du pays de Lorient 25 novembre 2018

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Dimanche 25 novembre, Jacqueline et Christine se sont rendues au salon du livre jeunesse du pays de Lorient.

 

 

Ce salon a lieu tous les ans fin novembre et est organisé par la ligue de l’enseignement du Morbihan.

 

 

Cette année, le thème était « Pourquoi ?»

Ce salon est ouvert à tous et particulièrement aux enfants qui découvrent non seulement des livres mais des expositions, des activités.

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Les différentes structures accueillant des enfants (école, centre de loisirs…..) participent en exposant leurs œuvres faites à partir d’albums (sur le thème).

L’association « Lire et faire lire » est présente et propose des lectures.

Un espace est occupé par les maisons d’édition les illustrateurs et auteurs en dédicace.

Des fauteuils et autres assises sont là pour nous permettre de découvrir les albums à disposition.

Des spectacles, des conférences sont ouvertes à tous :
Le plus difficile est de choisir : quelle animation ? quelle conférence ? quel atelier ?

Tout le programme est  intéressant !!

L’animation qui a retenu notre attention a été celle proposée par Bind’lire

« Papa, maman, dites pourquoi ? Une découverte d’albums pour petits et grands.

Comment les albums peuvent aider les enfants et les parents à partager leurs émotions et comprendre leurs interrogations ?…. »

Cela nous raccrochait au thème de notre prochaine journée de formation…. Nous avons assisté au premier atelier. Peu de monde : 5 enfants et 7 adultes

L’objectif des 2 animatrices étaient de montrer des albums très différents des uns des autres qui abordent la même thématique.
Pour cette journée, elles avaient choisi le thème de la famille.

Elles ont lu des extraits d’album pour nous montrer la diversité des familles, qu’un même sujet pouvait être décliné de mille et une façons, en fonction des auteurs et des illustrateurs.

Voici quelques titres connus et moins connus parmi les nombreux livres qu’elles avaient choisis :

L’école des parents Claude Ponti,
L’arbre sans fin Claude Ponti
Madame le lapin blanc Gilles Bachelet
Le papa qui avait 10 enfants Bénédicte Guettier
les mains de papa Emile Jadoul
Est-ce que tu m’aimeras encore ? Catherine Tharlet et Eve Tharlet
Moi, Ming Clotilde Bernos

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Vaut-il mieux être
reine d’Angleterre, général en chef,
empereur du monde
ou bien Ming,
sur les bords du lac Koukonor ?

 

Tango a deux papas Béatrice Boutignon 

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Le seul regret que nous avons eu, à cette lecture de morceaux choisis, est que nous aurions aimé entendre la lecture complète des albums surtout quand nous ne les connaissions pas .

 

 

Babil-Babel « Langues de chevet et langues frontales » Vendredi 28 septembre 2018

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Le programme de cette 2éme journée nationale organisée par l’Agence quand les livres relient avec le soutien de La Fondation SNCF a été passionnant.

Dominique Rateau , Présidente de l’Agence quand les livres relient nous présente la journée.

 

Voici quelques points essentiels qui font écho aux objectifs de Mille feuilles et Petit Lu :
– Favoriser une expérience littéraire dés le plus jeune âge
– Agir mais aussi réfléchir
– Proposer des albums en fonction de ce qu’ils font en nous, et non les choisir en fonction du public
– Si ce qui nous anime c’est l’autre, ne pas oublier qu’il faut du temps pour le rencontrer.

Elle précise plusieurs pistes de réflexion pour cette journée, entre autre :
Dans quelle langue un bébé d’aujourd’hui élabore-t-il sa langue, ses langues? et
dans quels contextes affectifs, publiques, culturels, économiques, sociaux?

L’intervention de Philippe Blanchet : L‘ Éducation plurilingue et les droits linguistiques.  En France, pour comprendre les difficultés  des « élèves Allophone Nouvellement Arrivés » (EANA) , il  expose l’aspect juridique d’après les textes internationaux (ONU 1966), les droits de l’enfant (ONU 1989),  et le droit pénal français (2016).

Pour illustrer une éducation plurilingue, il  donne l’ exemple du Mali et de la Bolivie.
Au mali, tout citoyen a le droit de parler et d’être éduqué dans sa langue maternelle. Il doit pouvoir apprendre en plus de sa langue maternelle au moins 1 langue nationale, 1 ou 2 langues africaines et 1 ou 2 autres langues de communication internationale !!

En Bolivie, si la langue maternelle est apprise en premier, la  2ème langue apprise sera le castillan. Et si c’est le Castillan qui est dispensé comme langue maternelle, ce sera une langue indigène qui sera choisie en 2ème langue!

L’intervention de Joêl Clerget : La voix du natal.
Comment le bébé, avant sa naissance, entre dans la langue, pour faire la différence entre la voix et les bruits, comment nos paroles, notre rythme, nos gestes portent le bébé aux portes du monde.
Chaque langue fait du monde, un monde singulier.

L’exemple de cette maman africaine qui endort son enfant au rythme effréné d’une comptine, à la 3éme reprise de cette comptine, le bébé dort dans ses bras!

L’intervention de Maya GratierLe désir d’appartenance précède-t-il la parole?
Le bébé apprend à utiliser, à manipuler la langue à travers les dialogues, les polyphonies, dans l’exploitation des sons , des sens, des non sens, accompagné bien sûr par l’adulte.

Le bébé connait ainsi sa culture de manière explicite et tacite. Dés 9 mois, le bébé participe à sa culture, il connait ses règles et ses conventions. C’est simple,  il s’intéresse à tout ce qui intéresse ses proches!

Le bébé est polyglotte au début de sa vie, pendant les 8 premiers mois de sa vie  il est réceptif à tous les sons. C’est seulement à la fin de sa première année que le babillage se tisse de sonorités de la langue natale.
Maya Gratier nous  fait entendre le babillage de 3 bébés âgés de 9 mois, nous reconnaissons l’américain , le chinois et le français.
Exception bien sûr pour les bébés bilingues pour qui cette restriction phonique n’existe pas.

Importance aussi du portage, dés 2 mois, le bébé anticipe et se prépare être pris.

Toutes ces expressivités réciproques (vocales, faciales et gestuelles) participent à la transmission d’appartenance!

L’après midi a permis de découvrir de nombreuses expériences de collectage de berceuses, comptine, récits … en langue étrangères partagés avec les enfants et les parents; : Lire, conter, chanter dans toutes les langues.

Nous avons pu également écouter un conte dit en langues des signes : Les 3 petits cochons, passée la surprise du début , nous avons pu comprendre et rire des aventures des petits cochons.

Il y a eu  une très forte cohérence dans les interventions tout au long de cette journée!

 

 

Les 20 ans de LIRE A VOIX HAUTE Normandie, vendredi 27 Septembre 2018

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Dominique et moi sommes arrivées dans une petite salle à l’étage de la médiathèque de Rouen. Nous nous attendions à un public plus nombreux…mais c’est en petit comité que nous nous retrouvons, les échanges en seront ainsi facilités.

Nous nous installons sur un fauteuil très confortable au milieu de cette trentaine de personnes.

OBSERVATOIRE

L’association « Lire à voix haute » a mis en place un observatoire depuis 15 ans pour assurer un passage entre la théorie et la pratique.
Les membres se retrouvent une fois par trimestre pour échanger autour de ces observatoires.

« Livres en balade » : L’association est équipée d’un mini-bus et nouveau beau camion  aménagé qui a pour devise :

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MOBILITÉ : aller vers les enfants, les familles, les professionnels.

PARTENARIAT : préparer les passages

RÉGULARITÉ : pas de saupoudrage culturel

«  Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et d’en réaliser quelques-uns. » Jacques BREL.

 

Fanny DURAND, éducatrice de jeunes enfants, nous relate les observations de ses temps de lecture proposés sur une aire d’accueil des gens du voyage par Lire à Haute Voix Normandie en partenariat avec l’association APEL dans un mini-bus de septembre 2017 à juin 2018.

Les familles vivent dans la précarité. Elles sont ancrées plusieurs mois par an sur cette même aire. Le taux de scolarisation est très faible, les parents sont souvent illettrés.

2 lectrices et 1 stagiaire accueillent les enfants (souvent seuls) de 0 à 6 ans pour des lectures sur les banquettes du mini-bus tous les mercredis après-midis. A l’extérieur, de gros coussins et des tabourets.

Au fil des mois, de plus en plus de familles apportent des enfants de plus en plus jeunes.

En novembre, c’est l’arrivée du nouveau camion aménagé avec des bancs et des étagères présentant 800 livres à disposition en permanence.

Il peut accueillir 10 enfants à l’intérieur…c’est chouette quand il fait froid !!

Une observation : « A l’arrière, les plus grands se font lire « Pomme d’Api » de Louchard…ils chantent ! A l’avant, les petits explorent la « boite à comptines ». Les petits livres sont dans une petite valise car la boite de rangement n’a pas résisté ! Ils sont ainsi plus manipulables.

Mel, une petite fille, ne veut pas que Fanny lui lise une histoire, mais elle passera tout son temps à jouer avec les petits livres.

Dans ce camion, il y a toutes sortes de livres…même des livres de recettes, des dictionnaires, des recueils de photos d’art qui suscitent beaucoup d’échanges avec les plus grands…

En janvier, Mel choisit l’imagier du Père Castor, elle pointe les images et donne un mot.

Fanny lui lit les bons mots.

Petites anecdotes :

Sur l’image de l’ampoule, Mel dira : « Ah, ça, je sais, c’est une idée »

Sur l’image du poste de radio, Fanny lit et elle dit : « Ah oui ! Quand j’avais mal au genou, je suis allée faire une radio. »

Sur l’année, les enfants redemandent toujours les mêmes livres : environ une quinzaine de livres. Il est important de respecter ce besoin de continuité.

Mel évolue doucement dans son approche des livres.

Les intervenantes respectent son cheminement avant une lecture possible.

C’est parce qu’on observe qu’on peut s’adapter.

L’adulte doit se mettre dans un léger retrait, ne pas intervenir en cas de conflits, observer et proposer des espaces de négociation.

Les enfants aiment nous montrer qu’ils ont compris.

Les enfants peuvent faire des liens entre les livres. Par exemple, un ananas dans un imagier fait écho à l’ananas dans un livre de recettes. A la vue d’une souris bleue dans un livre, l’enfant va chercher le livre « Pomme d’Api » et dit : « Mais non ! la souris, tu vois bien, elle est verte ! »

Les livres ouvrent d’autres possibles…

Exemple : Une jeune fille va chercher la Bible dans sa caravane pour partager ses « histoires vraies » préférées et qui, ensuite, tend le livre « quand Big Mama a créé le monde » d’Helen OXENBURY

LE TEMPS DE LA FÊTE DANS LES ALBUMS

Témoignages de la directrice et du médiateur petite enfance de la médiathèque.

Différentes actions : concerts, rencontres, ateliers jeux/arts plastiques (5 boites à livres réalisées par les élèves), expositions, ateliers comptines, livres en balade, lire sur la plage, carte d’abonnement offerte à chaque naissance.

Actions pour l’enfance :

  • Les élus de la municipalité ont été d’accord pour venir en amont s’informer pour connaître l’action de «  lire en balade »… 2 élus lisent.
  • Création de comptines,
  • Partage de chants et de comptines suite à des rencontres en toute simplicité
  • Intermezzo : des enfants viennent jouer de leur instrument… parfois des comptines..
  • Ateliers « les récréatives » : art en parallèle avec les livres.

Titres d’albums cités : (en bleu, mes coups de cœur)

Désolée, je n’ai pas toujours eu le temps de noter les auteurs

  • L’homme au camion de Bruno MUNARI
  • La boite à comptines
  • Mon œil (expressions avec le mot œil) de Mario RAMOS
  • Les 5 sens (joli illustration)
  • Animaux-puzzles de Bénédicte Guétine
  • Le monde à l’envers de Mario RAMOS
  • Une cuisine grande comme un jardin de Alain SERRES (magnifiques illustrations recettes)
  • 2 yeux ? de Lucie FELIX (joli livre à découpages)
  • Quand big Mama a créé le monde d’Helen OXENBURY
  • La grenouille à grande bouche de Francine VIDAL
  • Les petites toques de Le Nôtre (livre de recettes)
  • La cuisine de ma mère

LA FÊTE DANS LES LIVRES

  • Encore un peu de Suza ? de Anaïs VAUGELADE (livre apprécié des enfants, moins des adultes)
  • Déguisons-nous de Remy CHARLIP
  • Emile fait la fête de Vincent CUVELLIER
  • Sacré Zoé de Greet de KOCHERE (quand les fêtes finissent mal)
  • La famille Souris dîne au clair de lune de Kazuo IWAMURA
  • Bonhommes des bois d’Elisabeth IVANOUSKY
  • La fête de Celesteville de Laurent de Brunhoff
  • Les p’tits amoureux de Tony JANDARD
  • Noël chez Ernest et Célestine de Gabrielle VINCENT

ANNIVERSAIRES

  • Monsieur le lièvre, voulez-vous m’aider ? de Charlotte ZOLOTOW
  • Ce que j’aime faire d’Anthony BROWN
  • Joyeux anniversaire de Chihiro NAKAGAWA (++++)
  • L’anniversaire de Monsieur Guillaume d’Anaïs VAUGELADE
  • Patatras de Philippe CORENTIN
  • Et si jamais… ? d’Anthony BROWNE
  • Heureusement de Remy CHARLIP (++)
  • Ernest et Célestine ont perdu Siméon de Gabrielle VINCENT
  • Le secret de Rosie de Maurice SENDAK
  • La fête de Billy de Catharina VALCKX
  • Blaise et le château d’Anne Hiversère de Claude PONTI
  • Un goûter en forêt de Hakiko MIYAKOSCHI
  • La marâtre de Jane BROWN (une belle-mère méchante qui est, en fait, une gentille marraine-fée)
  • Fanfare ! d’Anne CORTEY
  • Max et les maximonstres de Maurice SENDAK
  • Laurent tout seul d’Anaïs VAUGELADE (longue histoire)

 

Dominique et moi avons apprécié la simplicité et l’authenticité des témoignages…

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ainsi que le gâteau partagé à l’issue de cette journée pour fêter les 20 ans de l’association.

Nathalie

 

Des échos de la journée de réflexion du 7 décembre 2017

Les professionnelles des médiathèques et des services de la Petite enfance, les bénévoles de différentes associations et l’équipe de «  Mille-feuilles et Petit Lu » ont participé à la journée du 7 décembre et ont manifesté leur grande satisfaction pour les sujets traités, la qualité et la complémentarité des interventions.
Les bibliographies (  ici ) remises aux participants ont également été appréciées. Lire la suite de « Des échos de la journée de réflexion du 7 décembre 2017 »

« Paroles et images » Jeudi 7 décembre

Il ne reste que quelques places pour la journée « Paroles et images » à Guérande.
Paroles et Images : rencontre autour de l’album jeunesse – 7.12.17
Pour participer, il suffit de s’inscrire rapidement !
Le bulletin d’inscription est sur le blog de l’association…
Junko Nakamura sera présente la veille à la Médiathèque Samuel BECKETT, photo expo junko

Mercredi 6 décembre à 15 heures, elle animera un atelier créatif et partagera son travail d’illustratrice avec 15 « créateurs en herbe ». Pour participer, il est indispensable de s’inscrire auprès de la Médiathèque…
Il reste aussi quelques places mais il faut faire vite !…

Paroles et Images : rencontre autour de l’album jeunesse – 7.12.17

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Cette journée gratuite, sur inscription, est ouverte à tous, parents, bénévoles  d’associations, professionnels de la petite enfance et du livre.
Cette rencontre avec des professionnels expérimentés en littérature jeunesse, sera animée par Christine ROSSO,
vice-présidente de l’agence Quand les livres relient .

Pour plus de renseignements :
Plaquette d’informations
Formulaire d’inscription

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Babil-Babel « Babilangues ou la porte des langues » Vendredi 22 septembre 2017

Cette journée nationale organisée par l’Agence quand les livres relient avec le soutien de La Fondation SNCF a été passionnante  comme le programme le laissait envisager.

Son introduction, d’ailleurs, en dit déjà long…

Pourquoi parlons-nous ? Comment parlons-nous ?
Pour quoi dire ? et pourquoi dire ?
Comment la langue vient aux bébés ?
Une langue ? Des langues ? Et avant la langue, comment disons-nous ?
Et après le temps de l’enfance ? Lire, parler, traduire, interpréter…
Et la voix, que dit-elle ? Le rythme et la musique ne sont-ils pas au cœur de nos langues ? Quelles considérations pour les langues ? Et pour celui qui parle ?
Nous parlons parfois pour ne rien dire et disons aussi beaucoup en ne parlant pas…

 Que retenir??
*L’observation et les expériences de Sophie Grelier  sur la voix, la multiplicité des sons du tout-petit et des musiques contemporaines s’ils ont permis la création de spectacles surprenants,  nous ont surtout rappelé que le bébé est un explorateur du son ( avec ses lèvres, sa langue, ses vibrations…) et qu’il le partage avec plaisir.
Sans mots, les échanges du bébé avec l’adulte musicien ou non sont magiques et vrais!

*Les lieux d’accueil transculturels : lieux de rencontres, d’échanges, de transmission et de création, les échanges ont été riches… Quelles sont les conditions de l’aménagement d’accueil ? Quelle est l’intention de celui qui lit? Comment l’enfant peut acquérir la langue française en lien avec ses parents? Comment un enfant peut réussir à l’école sans le soutien de ses parents? Comment autoriser les enfants de se promener, de circuler entre  2 cultures, celle de l’école et celle de sa famille? D’où l’importance des lieux de transition pour les parents. Comment faire la bibliothèque autrement ?  La transmission ne passe  pas toujours par la langue. Comment faire attention pour ne pas assigner les personnes à leur culture d’origine ?… et ne pas oublier, nous pouvons être bien accueillis mais pas forcément les bienvenus.

*Comment la langue vient aux bébés? avec Patrick Ben Soussan  Le bébé est préparé génétiquement pour entrer dans le langage (instinct du langage). Le bébé a la capacité langagière à rencontrer l’autre, à découvrir le monde… sans besoin de support. Bien sûr son environnement doit être favorable à son développement, à l’éclos de la parole, mais il faut aussi être patient car l’enfant est un chercheur, il faut lui laisser le temps d’exprimer ses émotions.

Et patienter pour réécouter toutes les interventions dés qu’elles seront mises en ligne!

Mais, en attendant, voici des liens pour découvrir sans tarder le travail de certains intervenants et en particulier celui de
Claire Mestre (Psychiatre, psychothérapeute et anthropologue)  Directrice de l’association interculturelle Mana
Marie-France Painset , Auteure, chanteuse et lectrice
Marie Nicole Rubiodirectrice de l’association engagée dans la lutte contre la discrimination  et dans la promotion de l’intégration le Furet
Anna Stevanato, sociolinguiste, fondatrice et directrice de Dulala, pôle national de ressources et de formation sur le bilinguisme

Dernière info , j’ai terminé ce week-end parisien par l’exposition temporaire du musée de l’homme « Nous et les autres, des préjugés au racisme » Cela fait écho à Babil-babel!
je la conseille vivement à tous ceux qui peuvent aller à Paris avant le 8 janvier 2018.

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 

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